24 septembre 2007

Comment les PDG jugent les fonds d’investissement (sept 07)

Un bon apporteur de capital n’est pas seulement guidé par un espoir de ROI rapide, c’est aussi un passionné qui propose au créateur d’entreprise un deal gagnant/gagnant basé sur une confiance réciproque
Source : mission pour un des principaux fonds français de capital investissement, juin 2006

Très éloignées des fonds de pension américains à l’image souvent dégradée (rentabilité à court terme, dépeçage, licenciements …) les sociétés d’investissement en capital provoquent au sein des entreprises qu’elles reprennent (par « LBO ») une accélération de la croissance qui profite à tous. Ce sont les PDG de ces entreprises qui le constatent a posteriori, eux que l’on imaginerait volontiers coincés entre un nouvel actionnaire exigeant et des salariés inquiets.

Les 200 principaux fonds d’investissement français détiennent des parts dans 5000 entreprises (essentiellement en France) dont le chiffre d’affaires a en moyenne augmenté de 7% l’an dernier, et les effectifs de 4%. Ils investissent donc d’abord pour créer de la valeur, même s’il leur arrive de revendre leurs parts au bout de 3 ou 4 ans seulement. Dans cette courte période ils contribuent largement à stimuler les projets et à convaincre les banques de s’y associer : « C’est toute l’évolution de notre société qui a été accélérée et sa pérennité améliorée, certains investissements n’auraient pas été réalisés et nous n’aurions pas grandi aussi vite sans le fonds ».

Le fonds d’investissement rend également l’entreprise plus efficace. Un fonds c’est d’abord un homme, qui s’investit totalement : « Il a compris mes problèmes de R&D et s’est passionné pour ma boîte », raconte un PDG enthousiaste. Il se tient ensuite aux côtés du patron au moment des décisions stratégiques pour challenger sa réflexion. Enfin il apporte une rigoureuse culture du cash qui permet à l’entreprise de faire aussi bien en dépensant moins.

Pour autant le fonds est rarement interventionniste, les PDG l’admettraient difficilement. Le management en place propose un business plan très peu négociable, reste autonome pour décider seul des investissements courants (dans le langage imagé du milieu : « pas de hands in ! »), s’oppose au fonds quand il prétend avoir des idées sur tout ou quand il demande trop d’audits. Les PDG se sentent « libres, épaulés, stimulés et en confiance ».

Enfin la revalorisation de l’entreprise peut profiter à tous ses salariés. Il est courant que seuls les cadres dirigeants soient associés à l’opération capitalistique, mais certains PDG obtiennent que le partage de la plus-value au moment de la revente leur soit plus favorable qu’au fonds et que le reste du personnel bénéficie lui aussi de l’augmentation de valeur, par exemple grâce à un PEE.

Plus stimulant qu’un actionnariat industriel, plus stable qu’un actionnariat familial, moins stressant qu’un actionnariat boursier, le LBO est probablement un mode de financement de grand avenir.